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(Publié le 16 juillet 2005)
Par Khalil Ibrahim
Les plus grands peintres,
disions-nous, ont vécu et présenté leur art comme un mode de connaissance
métaphysique, celui qui, passant au travers de l’apparence sensible et en
quelque sorte derrière elle, nous découvre le mystère des choses, le secret
de l’univers. (Michel Henry)
Les défis véritables de l’art
ne peuvent être que ceux de l’artiste lui-même, des défis à la fois
personnels et sacrés. Mais, il en est autrement pour les enjeux !
La meilleure figure, la plus
éloquente que je connaisse, décrivant le rôle de l’artiste dans la société
humaine, est celle que donne Kandinsky d’un « grand Triangle », « un assez
bon schéma de la vie spirituelle » selon lui. Ce triangle avance et monte
lentement, il est traîné par son sommet, dont l’avancée constante « aide au
mouvement du chariot récalcitrant ».
Que l’honneur d’occuper, avec
d'autres, ce
sommet revienne à l’un ou l’autre des artistes, des nobles penseurs ou
scientifiques, cela ne devrait ni blesser
une fausse humilité ni satisfaire à une hypertrophie du Moi, et ce n’est pas
un enjeu ou visée de l’artiste véritable non plus. C’est plutôt un devoir,
dans le sens le plus sacré du terme, que l’artiste, conscient du lien spirituel
entre
la vie esthétique intérieure et la vie éthique (ou simplement
tout rapport aux choses et aux êtres) , accomplit.
C’est ainsi que exposer,
dans le sens de s’exposer et de se montrer, doit être dépeint et décrit.
C’est un acte simple qui vient de la vie et y puise sa légitimité. C’est un
mouvement vers le haut, en passant par le sommet du triangle de la vie
spirituelle.
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